(#041) Cavalcade des blogs – L’Athlète heureux.

Logo-CavalcadeAprès des mois de silence radio (pardon lecteur mais promis, je te raconte tout dans un prochain article!), je me remets en selle pour la trente-neuvième édition de la Cavalcade des Blogs. Tu te souviens, il s’agit de cet événement mensuel à l’initiative du blog Cheval-Facile tenu par Gaëlle et hébergé en ce mois d’octobre par le blog d’Un cheval l’autre. Et le thème est le suivant : l’Athlète heureux.

Bon, pour être tout à fait honnête avec toi, j’étais genre pas franchement inspirée la première fois que j’ai vu le titre. L’athlète heureux… Ça vaut dire quoi ça d’abord ? Et puis l’habitude de réfléchir aux mots-clefs est revenue en masse et je me suis dit que je pouvais toujours tenter le coup. En équitation, l’athlète désigne autant le cheval que le cavalier, ce qui fait donc deux athlètes (#TalentEnMaths). À partir de là, il me semble qu’on ne peut pas parler de l’un sans parler de l’autre, ni même omettre le lien qui les unit.

Le cheval.

Il produit la majorité des efforts (ou du moins les plus visibles) et il fait l’objet d’un entraînement parfois soutenu en vue d’objectifs sportifs. Il est celui que l’on soigne, que l’on muscle, que l’on entraîne, que l’on assouplit. Il est au cœur de la préoccupation du cavalier dans un couple. On veut qu’il soit beau, qu’il saute bien et haut, qu’il dresse avec talent, qu’il soit sensible, obéissant et bon élève. Bref, on exige beaucoup… mais le cheval est-il heureux avec cela ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un cheval-ahtlète heureux ? Je ne vais pas revenir sur les bases du bonheur d’un cheval (potes-placeavecàmanger-liberté-tranquillité) donc on va se concentrer sur le cas du cheval-athlète, soit celui qui travaille dans un objectif plus ou moins sportif.

Un cavalier juste – En terme d’essentiel pour un équidé heureux dans le travail, je place la justesse du cavalier. Avant toute chose, avant la technique, avant la délicatesse ou que sais-je du cavalier, s’il se montre juste dans ses demandes, ses récompenses ou ses réprimandes, il me semble qu’il y a un grand pas. Un cheval ne fonctionnera bien que s’il sait où il va, s’il fait bien ou non, et qu’est-ce qui est bien. D’ailleurs dans un sport d’équipe comme l’équitation, l’équité entre les deux partenaires paraît presque être une évidence.

Du matériel adapté – Pour ma part, je me fiche qu’on utilise ou non des éperons, une cravache, un stick, telle selle ou un amortisseur. Je me fiche qu’on monte en pelham ou en side-pull. Je me moque complètement de la présence d’un collier de chasse ou de guêtres. À condition qu’il soit adapté au cheval, au travail qu’on attend de lui et au cavalier. Si le cavalier sait pourquoi il utilise telle ou telle chose et qu’effectivement c’est pertinent, à la bonne taille et ne fait pas souffrir le cheval…

Un cheval qui ne souffre pas – Non, je ne place pas ça en troisième position parce que c’est d’importance moindre mais plutôt parce qu’il me semble qu’il s’agit de l’aboutissement des deux autres points : un cheval serein, qui comprend son cavalier, qui ne subit pas de brimades et qui ne souffre pas du matériel utilisé a déjà plus de chance de bien vivre le travail. Je rajouterais à ça qu’un athlète heureux est un athlète qui s’épanouit dans ce qu’il fait, donc produisant un effort adapté, à une épreuve adaptée à son niveau, et sans éprouver de répulsion devant ce qu’il doit faire. De fait, un cheval doué en saut mais n’aimant pas sauter et contraint pourtant de pratiquer encore et encore cette discipline… sera probablement malheureux. Au contraire, un animal présentant un engouement certain pour le cross-country sera sans doute épanoui dans la pratique de ce sport tant que ses limites physiques sont respectées.

Un ensemble à nuancer – Ok, tu as gagné… C’est quasiment inaccessible comme concept ! Un cheval qui ne souffre pas physiquement, avec un cavalier super-top et toujours juste ? Alors qu’un cheval ne souffre pas d’un point de vue physique avec un matériel adapté me paraît presque possible (il y aura toujours des contraintes liées au matériel, ne serait-ce que la transpiration due à la sangle ou que sais-je), autant la présence du cavalier parfait sur son dos relève d’une pure utopie. Le cavalier qui ne s’énerve jamais, qui agit toujours au bon moment, pile comme il faut, qui ne fait pas de fautes, qui ne… Bref, si tu connais ce cavalier, appelle-moi ! Mais on peut aussi résoudre ça comme on peut : chercher la justesse, la belle équitation, la compréhension de son cheval et des chevaux en général, apprendre, apprendre, apprendre. Ça me semble la base d’ailleurs, que ce soit pour la monte ou pour le soin qu’on apporte à son cheval au quotidien (une bonne santé générale me semble évidente pour tout propriétaire de cheval, qu’il soit monté ou non).

Le cavalier.

Je vais faire une faute grave par rapport à mon éthique puisque je vais parler de quelque chose qu’il faudrait faire… mais que je ne fais pas. (Cela dit, c’était en projet jusqu’à mon accident à cheval il y a deux semaines…) Deuxième moitié du couple cheval-cavalier, le cavalier s’oublie souvent… en tant que sportif ! Alors qu’il clame à tout va que l’équitation est un sport, si si si, que ça fait travailler plein de muscles, blablabla, il ne se comporte pas lui-même comme un sportif. Qui s’étire avant de monter ? Qui entretient son cardio, son souffle, son endurance ? Qui cherche à réellement s’assouplir (je ne parle pas de la petite séance de mise en selle pépouse une fois sur les trente-six du mois, où on trottine assis trois minutes avant d’être K.O.) ? Qui travaille réellement son corps et son cardio comme le sportif qu’il clame être ? Je ne dis pas personne, mais je dis trop peu. L’équitation est un sport, c’est vrai. L’équitation se suffit-elle à elle-même ? Je ne pense pas, surtout si les cavaliers ne font pas d’efforts pour s’inscrire dans une logique sportive. Je ne jette pas la pierre, je me suis moi-même contentée de mes heures à poney (même si les heures à poney pouvaient monter jusqu’à cinq heures par semaine l’an dernier, et six heures par jour cet été) pendant des années tout en affirmant que oui, j’étais une sportive, et une sportive heureuse. Alors certes, je m’égare un peu puisqu’une pratique sportive tout court ne rentre pas réellement dans le thème du sportif heureux… Mais difficile de parler de sportif heureux si on ne peut même pas parler de sportif tout court !

Un sportif pour de vrai – Première étape donc pour moi : avant d’être un sportif heureux, commençons par être un sportif tout court, un sportif tel que l’on devrait l’être en se revendiquant comme cela. Un étirement, prendre soin de son corps, visites chez l’ostéo, assouplissements… Bref, tout mettre en œuvre pour travailler son corps dans le bon sens, vers nos objectifs. Et cela peut passer par la pratique d’un autre sport (qui par ailleurs ne peut qu’être bénéfique, notamment pour la compréhension de ce que l’on demande à notre partenaire le cheval) ou simplement d’un bon entretien de soi. D’ailleurs être bien dans son corps, avec un corps fonctionnel et prêt à travailler, ne peut qu’aider à progresser… donc à être source de plaisir. C’est aussi respecter son cheval en lui offrant toutes nos capacités physiques, donc l’aider à approcher un travail plus agréable. Tu commences à voir où je veux en venir ? Un cheval plus serein sera sans doute plus enclin à bien répondre, à ne pas se défendre, donc par extension à vous procurer du plaisir. Sans parler de l’après-séance qui sera probablement moins douloureuse si l’on s’est étiré avec soin, qu’on est bien hydraté… et éventuellement qu’on complète avec d’autres sports. Mon dos est trop raide, trop musclé par l’équitation, donc uniquement musclé à sens unique ! Avant de me blesser, j’envisageais de débuter la danse avec accord de mon kiné afin d’acquérir une meilleure tenue et de faire des mouvements complètement contraires à ceux que je pourrais faire à cheval (bras toujours orientés vers l’avant et vers le bas à cheval contre grands mouvements amples vers l’arrière en danse pour ne fournir qu’un seul exemple).

Un cavalier qui prend du plaisir – Bateau, non ? Pourtant, combien de fois on voit des cavaliers venir monter leur cheval « parce qu’il le faut bien » ou faire du CSO « parce que c’est la discipline que pratique l’écurie » ? Combien montent un cheval qui ne les intéresse pas ou plus, ou qui leur fait peur ? Combien s’obstinent, par fierté ou par crainte ? C’est bon pour tous les cavaliers, de celui qui vient une fois par semaine au propriétaire. Vous n’avez plus aucun plaisir avec votre cheval ? Peut-être qu’il serait temps de trouver une solution, que ce soit par le biais d’un pro, d’un coach, par la vente ou autre ? Si vous n’y prenez pas de plaisir, à quoi bon débourser des fortunes dans quelque chose qui ne vous rend même pas heureux ? Vous avez peur de monter Pirouette, le cheval qui vous effraie mais que votre coach s’obstine à vous donner à chaque cours ? Peut-être que là aussi, il est temps d’en parler avec lui pour trouver une solution, en exposant vos craintes. C’est terre-à-terre mais promis, ça paie. 😉 Le plaisir est la base d’un sport, avant même l’esprit sportif, il me semble. On a suffisamment de contraintes dans la vie de tous les jours pour ne pas en plus se rajouter des moments désagréables de soi-même !

Tenir compte de ses limites – Il ne s’agit pas de ne pas repousser ses limites, mais de les connaître telles qu’elles sont à un moment T. Il me semble que se choisir des objectifs adaptés et ne pas chercher à griller d’étape est une base pour une progression harmonieuse et pour y trouver du plaisir. Alors certes c’est frustrant (et la frustration peut gâcher le plaisir) mais il vaut mieux se retourner pour noter une marge de progression petite mais réelle et acquise, que de chercher à progresser trop vite pour ne connaître que de grosses frayeurs. Et pour ça, rien de tel que… l’accompagnement ! Un bon coach, en qui on a confiance et avec qui on communique sur ses objectifs, un cheval adapté, et zou ! Par ici la progression. Il n’y a pas à avoir honte de son niveau ou de ses objectifs, quels qu’ils soient. Sortir en balade ou viser les Amateurs 1… L’un et l’autre sont tout aussi louables tant que ça correspond à ce que TU veux faire.

Un couple.

Je conclurais en disant que pour moi, il n’y a pas un athlète heureux en équitation mais des athlètes heureux. J’ai du mal à concevoir comment on peut être heureux d’un point de vue sportif si son partenaire ne l’est pas, comment on peut savourer une séance montée (ou longée, ou à pied!) si on sait son animal en souffrance, ou que le cheval puisse apprécier un exercice que son cavalier se révèle physiquement incapable d’assumer. J’ajouterais que tout cela reste évidemment à nuancer pour la simple et bonne raison que, cheval ou cavalier, nous avons tous un niveau qui est ce qu’il est et qu’il faut bien apprendre à un moment donné. Celui qui trotte aujourd’hui assis de manière impeccable a sans doute rebondi sur sa salle hier, et celui qui donne de grands coups de klaxon dans la bouche de son cheval sera peut-être d’une grande finesse demain. Il est plus important de chercher à s’améliorer que de rester bloqué sur ses défauts actuels.

PS – Je n’ai volontairement pas abordé la question de la volonté du cheval dans la pratique de l’équitation, déjà parce qu’il me paraît évident que quoi qu’on dise, le cheval n’a finalement pas son mot à dire, ensuite parce qu’il me semble que ce devrait faire l’objet d’une réflexion différente, bien plus longue et surtout complètement personnelle.

Voilà ! J’espère que cet article – un peu longuet il est vrai – t’aura plu ! N’hésite pas à rajouter ce que tu penses de tout ça par commentaire, c’est toujours intéressant d’obtenir d’autres points de vue ! En attendant, je me suis beaucoup amusée dans la rédaction de cette cavalcade qui m’a finalement bien plus plu que ce à quoi j’aurais pu m’attendre à première vue.

Je te retrouve bientôt pour un nouvel article et, je l’espère, beaucoup d’autres pour reprendre mon rythme de rédaction ! ♥

Keur sur toi, copain des poneys !

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10 Replies to “(#041) Cavalcade des blogs – L’Athlète heureux.”

  1. J’ai beaucoup aimé ton article !
    Pour ma part je pratique régulièrement le yoga, la course à pieds (ouais enfin régulièrement une fois par mois ahah)… et je m’étire chaque soir après mes séances d’équitation. S’assouplir et se muscler par un autre biais est un vrai plus à cheval j’en ai pris conscience !
    Quant au cheval… effectivement j’essaie (je pense qu’on est une majorité) d’être juste dans mes actions et demandes même si comme tout le monde il m’arrive de m’agacer… ^^

    1. Les assouplissements sont a priori une base (que je ne faisais pas jusqu’à maintenant, ok…) mais du coup, je me questionne : quels étirements pratiques-tu ? (J’aimerais pouvoir en répertorier quelques uns à l’occasion.)

      Je crois qu’on s’agace tous à un moment donné, ce qui est humain. Le tout reste de relativiser (ce qui est dur sur le moment, quand on est dans l’état d’agacement) et de reprendre posément… On a tous du travail là-dessus je pense. ♥

      1. Je le fais depuis que mon ostéopathe m’a diagnostiqué une très inquiétante scoliose, qui nécessite beaucoup de souplesse et de musculature pour soutenir la colonne vrillée.
        Mes exercices sont adaptés à ma pathologie.
        Je fais des torsions : https://www.google.fr/search?q=torsion+etirement&tbm=isch&source=iu&pf=m&ictx=1&fir=wn6Wl0TCmPmJ0M%253A%252CZZzyRypjMgmOsM%252C_&usg=__wMcEFqiQnyMH87q6eHGnR2ZGh6M%3D&sa=X&ved=0ahUKEwiRmYapvpHXAhWBvBoKHes-D4MQ9QEILTAC#imgrc=hG6k8XqhyPGTzM:
        Des étirements des genoux : https://www.google.fr/search?q=genou+etirement&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwif1pu4vpHXAhVH6xoKHemdBzMQ_AUICigB&biw=1280&bih=699#imgrc=5VouhXONls0vnM:
        Des étirements des jambes : https://www.google.fr/search?biw=1280&bih=699&tbm=isch&sa=1&ei=coLzWcOLE8eva5LctIgI&q=jambe+etirement+muret&oq=jambe+etirement+muret&gs_l=psy-ab.3…18352.19013.0.19204.6.6.0.0.0.0.143.591.4j2.6.0….0…1.1.64.psy-ab..0.1.87…0i8i30k1.0.20TNvxOL3zs#imgrc=Krq36Q7UrLE-NM:
        Du dos : https://www.google.fr/search?biw=1280&bih=699&tbm=isch&sa=1&ei=p4LzWc_xB8m0abaTiuAG&q=%C3%A9tirement+dos&oq=%C3%A9tirement+dos&gs_l=psy-ab.3..0l5j0i5i30k1j0i8i30k1l4.13779.15183.0.15278.13.13.0.0.0.0.163.1392.4j8.12.0….0…1.1.64.psy-ab..1.12.1390…0i67k1.0.pCqO51adEMc#imgrc=6rkEBQvAVvqyhM:
        et enfin je fais du gainage (1min face/20s pour souffler/1min droite/20s pour souffler/1min gauche en 2 séries)

        J’espère que les liens vers les photos explicatives vont fonctionner sinon envoie moi un email je te récapitulerais tout ça 🙂

      2. Ah, merci beaucoup ! Effectivement, je connais certains de ces étirements (pour les mêmes raisons, scoliose) qui fonctionnent vraiment bien, mais tu m’as permis d’en découvrir d’autres qui doivent bien étirer aussi tiens !

  2. effectivement le cavalier qui s’oublie en tant que sportif, je plaide coupable ….

    1. Je crois qu’on doit être très nombreux à pouvoir plaider coupable ! xD Pour ma part, c’est ma bonne résolution de l’année : dés que je peux reprendre le sport, je m’y mets haha, même si ce n’est que pour une petite heure dans la semaine !

  3. Super article, juste et bien écrit 🙂
    Concernant le côté sportif du cavalier, j’essaie justement d’aider à la prise conscience de l’importance d’être en bonne condition physique pour bien monter à cheval, grâce à des tests, des conseils et des exercices, sur mon blog : https://les-supers-cavaliers.com/.
    Si cela peut t’aider à te lancer, quand tu seras rétablies bien-sûr 😉
    PS : j’ai également écrit un article pour cette cavalcade.

    1. Oh, très intéressant ton blog ! Je l’avais croisé au fil des clics et je m’étais promis de l’explorer – ce que je n’avais pas encore fait jusqu’à aujourd’hui – et c’est maintenant chose faite ! Je crois que je vais me libérer un peu de temps pour lire tes articles plus en profondeur, tiens. 😀
      En tout cas, contente que l’article t’ait plu. 😉

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